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Mardi 17 juin 2008
La chasse, de la pratique à l'image
Claude d'Anthenaise, conservateur en chef du Patrimoine. Il dirige le Musée de la Chasse et de la Nature à Paris

Avec la religion, l'amour et la guerre, la chasse est l'un des thèmes iconographiques les plus souvent sollicités. Ne permet-il pas de concilier la représentation animalière et celle du paysage, deux domaines auxquels des artistes, à toutes les époques et dans toutes disciplines, ont voulu se confronter, produisant des ouvres extrêmement diverses : tapisseries, peintures murales ou peintures de chevalet, motifs pour les orfèvres, les décorateurs de porcelaine ou de verrerie.
Cette abondante production a été scrupuleusement étudiée sur le plan de l'histoire de l'art qui s'est appliquée à l'analyse du style, de la technique ou de la provenance.

Toutefois, elle est rarement envisagée sous l'angle des pratiques cynégétiques elles-mêmes. Or celles-ci ont beaucoup évolué. De nos jours leur éventail s'est considérablement réduit. La plupart des modes de capture, les multiples façons d'attirer, de rabattre ou de piéger le gibier en usage au Moyen-Age ou à la Renaissance n'ont plus cours.

Cela est à l'origine de fréquentes erreurs d'interprétation de l'iconographie. De fait, les images de chasse ne peuvent être bien comprises sans recours à la littérature cynégétique, textes littéraires et traités qui rendent compte de ces pratiques oubliées.

C'est ce que Claude d'Anthenaise propose de faire à travers cette conférence qui opérera des confrontations systématiques entre l'image et la pratique, dressant, à partir d'un choix d'ouvres conservées dans les collections publiques et privées, une sorte d'inventaire des modes de chasses abolis.

Jeudi 6 mars 2008
"Idées reçues sur l'art contemporain et les clefs pour s'y ouvrir"
Isabelle de Maison Rouge, chargée de cours à l’Université Jules Vernes d’Amiens, journaliste pour les magazines Archistorm et Art Actuel, et professeur d’Histoire de l’Art au New York University in France.

L’art contemporain nous paraît souvent énigmatique, étrange et pour le moins fermé. Nous avons besoin de clés de compréhension pour l’aborder. L’artiste utilise un mode d’expression qui ne relève plus de l’artistique pur mais qui emprunte à différents métiers. Pour comprendre ce type de pratique, il faut certaines clés qui vont nous ouvrir des portes : or, «ouvert» est l’anagramme de «trouver». Et «trouver», c’est ce que il va falloir faire, car les artistes contemporains requièrent des spectateurs, une participation active face à leurs oeuvres.

Mardi 22 janvier 2008
« L'autographe : du temps perdu au temps retrouvé »
Frédéric Castaing, expert en autographes et Président du SLAM (Syndicat de la Librairie Ancienne et Moderne).

Frédéric Castaing a présenté l’histoire de l’autographe à travers quelques exemples particulièrement significatifs et anecdotes personnelles nourries de sa formation d’historien et de sa passion pour le livre et l’écrit.
Soucieux de faire partager sa passion, M. Castaing a illustré son propos de nombreux documents authentiques et inestimables, dont quelques exemples sont ici reproduits.






« L'autographe, une extraordinaire machine à remonter le temps. Rousseau, Mozart, Proust, ils ont touché ces papiers, cette écriture c'est la leur, ces ratures, ces repentirs sont comme autant de clins d'œil qu'ils nous adressent. François Ier, Washington, Wagner, la chaleur de la vie est toujours présente sur ces minces pellicules de papier. Flaubert, Louis XIV, Tchekhov, Bonaparte, Baudelaire, Pasteur, Hemingway, avec l'autographe le personnage est là, fidèle au rendez-vous. Magie de l'autographe ... »

Mardi 11 décembre 2007
« Splendeurs de la tapisserie parisienne, 1600-1662 »
Nicole de Pazzis Chevalier, expert au Syndicat Français des Experts Professionnels

La conférence de Nicole de Pazzis Chevalier a donné un aperçu de la production des tapisseries à Paris au XVIIème siècle, avant la création des Gobelins. Du développement des ateliers parisiens par Henri IV, au début du siècle, en passant par l’action de Louis XIII qui fait appel à de grands peintres comme Simon Vouet, ont ainsi été présentées les quelque soixante années qui ont précédé la centralisation des ateliers parisiens de tapisseries dans l’enceinte des Gobelins lors de la création de la Manufacture Royale des Meubles de la couronne par Louis XIV et Colbert, sous la direction de Charles Le Brun.



Cette conférence fait écho à l’actualité des musées français (acquisitions de tapisseries) et étrangers (exposition phare au Metropolitan Museum de New York : Tapestry in the Baroque, threads of splendor (octobre 2007 - Janvier 2008).

Mardi 26 juin 2007
"Images de soi ou images de double : statuaire et portrait photographique africains".
Par Michèle Coquet, chercheur au CNRS



L'habitude et l'expérience occidentales de considérer les représentations du corps humain comme allant de soi nous auraient-elles conduits à envisager les statues anthropomorphes africaines comme étant déterminées par des fonctions figuratives plus ou moins identiques à celles que nous attribuons à notre propre statuaire ?

Pour les extraire du "splendide isolement" où nous les avons circonscrites, il faut que soient posées à leur égard certaines questions : sur les formes qu'empruntent ces images et les matériaux qui les composent, sur la manière dont elles sont vues et perçues par ceux qui les utilisent et les fabriquent, sur les liens que leurs concepteurs établissent entre ces images et d'autres avec lesquelles en apparence elles n'ont rien à voir, tels que le reflet dans l'eau, l'ombre portée ou le portrait photographique, sur le lien qui les unit aux personnes qu'elles sont censées représenter.

29 mars 2007
Raymond Templier · Le bijou moderne
Par Laurence Mouillefarine et Véronique Ristelhueber

« Fils et petit-fils de joailliers parisiens, surnommé « le sculpteur du bijou », Raymond Templier (1891-1968) est l’un des grands bijoutiers de la période Art déco.

À peine diplômé de l’École nationale des arts décoratifs en 1912 et jusqu’en 1960, le joaillier est présent dans toutes les expositions majeures. La critique apprécie la nouveauté de ses créations : des formes épurées, des lignes géométriques, des motifs abstraits inspirés du monde contemporain, l’utilisation de matières inédites, comme l’argent laqué de noir, et qui sont typiques du nouveau style Art déco.
Membre fondateur de l’Union des artistes modernes en 1929, Raymond Templier est aux côtés de l’avant-garde qui va bouleverser l’histoire des arts décoratifs :
René Herbst, Robert Mallet-Stevens, Francis Jourdain, Hélène Henry, Charlotte Perriand, Le Corbusier, Fernand Léger… Et parmi ses clients on retrouve le couturier Jacques Lelong, le relieur Pierre Legrain, les acteurs Brigitte Helm, Yvonne Printemps, Sacha Guitry, les Dalsace, qui ont commandé à Pierre Chareau la célèbre Maison de verre, rue Saint-Guillaume. »

25 janvier 2007
La beauté dans le cerveau : pour une physiologie de la contemplation et de la création de l'œuvre d'art
Par Jean-Pierre Changeux,
Professeur émérite au Collège de France et à l'Institut Pasteur

« Les progrès récents des sciences du cerveau - en particulier, de l'imagerie cérébrale - permettent d'approcher les processus physiologiques jusque là fort mystérieux de la contemplation de l'œuvre d'art et de sa création. La discussion portera également sur les critères distinctifs du beau. »